Pour la première fois les français de l'Etranger peuvent élire en 2012 leurs députés. M&B pose 9 questions aux candidats à ces élections. Nicole Castioni, candidate PS, a répondu à notre questionnaire. Retrouvez ses réponses à nos questions
Pourquoi êtes-vous candidat à la députation ?
On à tous notre histoire de vie, nos blessures, nos bonheurs.
Ce qui fait ce que nous sommes aujourd’hui. C’est avec tout cela que je me suis construite et c’est pour cela que je souhaite être utile. C’est un honneur de pouvoir représenter pour la première fois les français de l’étranger. Etre à l’écoute des français de Suisse et du Liechtenstein, servir de lien et me battre pour eux.
Quelle image des résidents français en Suisse comptez vous apporter avec vous à l’Assemblée nationale française ?
Plutôt quelle image je ne veux plus pour les résidents français en suisse ! Casser l’image de la diaspora fiscale. Recadrer sur le bon axe, celui d’une population souvent binationale franco-suisse, impliquée dans la vie locale. Loin des clichés stupides et réducteurs. Le choix de vivre en Suisse résulte souvent du travail et de l’amour… Ou d’y être né avec deux passeports.
Quelle(s) leçons(s) de la démocratie helvétique pourriez-vous tirer pour la politique française du futur ?
Si le recours à l’initiative populaire n’est pas envisageable pour la France, notamment par crainte des dérives « populistes », il convient de donner plus de pouvoirs aux citoyens et de leur permettre d’être plus présents sur le terrain municipal et communal. En ce sens, pourquoi ne pas consulter nettement plus souvent le peuple français pour les questions concernant la commune et la région ?
Quel type de fiscalité ou de relations fiscales entre la Suisse et la France, défendrez-vous ?
Redonner à la fiscalité toute sa place en la rendant plus juste et surtout plus compréhensible. En ces temps de sacrifices collectifs, il s’agit de rééquilibrer l’effort afin que tous participent selon les moyens qui sont les leurs. Il est devenu urgent que les plus fortunés contribuent au nécessaire effort qui nous attend.
Il existe d'ores et déjà des accords bilatéraux en termes d'imposition entre la Suisse et la France. Ensuite, comme partout dans le monde, les citoyens français résidant à l'étranger mais recevant des revenus de sources françaises sont imposés sur ceux-ci. L'imposition pour les citoyens français résidant à l'étranger est donc pour le moins claire à défaut d'être simple.
Cependant, il convient d'être toujours attentif sur le sujet. En effet, des aberrations ont lieu, notamment en termes d'évasions fiscales. Car, il faut l'admettre, même si la Suisse a fait ces dernières années d'importants efforts en la matière, il n'en reste pas moins que les forfaits fiscaux offerts aux très riches français résidant en Suisse et profitant de ce système doivent être remis en cause.
Pensez-vous que les résidents français en Suisse devraient payer un impôt en France comme le suggère certains ?
L'impôt, avant de représenter une somme d'argent, incarne la participation de chaque citoyen aux dépenses de l'État. Aussi, il paraît logique que chaque français y contribue, pour autant que les revenus sur lesquels est établie cette imposition soit de source française.
Conditionner, comme l'ont proposé des députés de l'UMP, la nationalité au paiement d'impôts en France est honteux. Ou encore relever, comme l'a proposé le ministre UMP M. Baroin, la taxation des revenus en France des Français établis hors de France de 20% (forfait) à 41% (maximum) serait une aberration. La très grande majorité des Français à l’étranger ne sont pas des exilés fiscaux. Ils vivent honnêtement de leur activité salariée ou entrepreneuriale et payent leurs impôts sur le revenu dans leurs pays de résidence. Par ailleurs, chacun d'entre nous sait pertinemment que ce n'est pas parce que l'on réside à l'étranger que l'on ne paye pas d'impôts en France. Ainsi, un résident français en Suisse paye ses impôts en Suisse s'il y gagne sa vie. Il participera à l'effort collectif de l'État français s'il a, notamment, une résidence en France, comme c'est le cas actuellement.
Comment décririez-vous les Français résidents en Suisse et en quoi vous-même ou votre formation êtes vous les plus à même de les représenter ?
On ne s’improvise pas représentante des français résidant en Suisse et au Lichtenstein. Née à Genève il y a 53 ans, binationale, j’ai été députée au Grand Conseil genevois, conseillère municipale. J’ai aussi vécu des années à Paris, active en politique et dans le monde associatif également en France. Je compte porter, avec le Parti socialiste, la cause de nos compatriotes de l’étranger qui représentent un atout pour la France, une richesse d’expérience et de savoir. Il s’agira de faire mentir l’image d’une population d’exilés fiscaux, peu intéressés par la politique française, mais de la représenter et la défendre telle qu’elle est : multiple, une richesse d’expérience et de savoir, soit un énorme atout pour la France.
Beaucoup de binationaux français-suisses vont voter aux prochaines élections, quel message particulier leur adressez-vous ?
Pour les binationaux, le message est clair : être des médiateurs entre la Suisse et la France et favoriser les échanges économiques, intellectuels, culturels et linguistiques. Pourquoi ne pas donner la possibilité aux binationaux franco-suisses de faire valider leur formation dans les deux pays avec une reconnaissance automatique de leurs diplômes et parcours professionnels, surtout s’ils ont été obtenus ou poursuivis dans la même langue, à savoir le français.
De quel(s) parti(s) politiques ou personnalité politique suisse vous sentez-vous le plus proche et pourquoi ?
A titre personnel, une amitié de longue date m’unit à Micheline Calmy-Rey dont je partage les efforts pour défendre et développer les droits humains. Politiquement, j’apprécie également l’engagement de Christian Levrat qui a beaucoup fait pour le succès du Parti Socialiste suisse, notamment en Suisse Romande. Ici, je tiens néanmoins à souligner l’héritage politique d’une autre socialiste en ancienne Présidente de la Confédération, soit Ruth Dreyfus. Sa persévérance dans le combat pour le droit des assurés sociaux, des familles et surtout des femmes demeure exemplaire.
Que voudriez-vous ajouter ? (question libre où vous pourrez développer un thème qui n’est pas traité dans le questionnaire).
Le sens de ma candidature est clair. Après des années de petites économies faites aux dépends des plus faibles, je suis partisane d’une politique sociale plus solidaire. Un politique d’égalité.
- Me battre pour le renforcement du service public. Il est plus que jamais nécessaire d’inverser la tendance au démantèlement du service public.
- Se donner les moyens financiers et législatifs d’une justice indépendante et efficace. Soustraire le parquet à la tutelle du pouvoir exécutif, lutter pour le désengorgement des tribunaux : autant de changements nécessaires pour une plus grande sécurité de la population.
- Participer à la transformation de la politique énergétique de la France. Les exemples récents nous ont rappelé que le risque lié au nucléaire est une réalité. Il nous faut mener ce débat dès aujourd’hui au parlement.
- Favoriser l’élargissement des droits des citoyens. Réformer la constitution pour favoriser la transparence et la participation des citoyens pour permettre un rapprochement entre politique et société. Remettre l’humain au centre.
- Me battre pour les familles. Aider les familles monoparentales, ouvrir le droit au mariage et à l’adoption pour tous les couples.
- Ouvrir le débat sur la fin de vie, l’aide à mourir dans la dignité et l’euthanasie.
- Redonner une place centrale à l’éducation et aux universités. Que ce soit pour débloquer l’ascenseur social, pour préparer l’avenir de nos enfants ou nous profiler face à la concurrence mondiale.
- Lutter contre les discriminations dont souffrent les personnes handicapées. Favoriser une réelle intégration, un encouragement à l’autonomie et renforcer un réseau d’enseignement spécialisé pour ne pas laisser seules les familles. Je compte mener ce combat à l’Assemblée nationale.
- Consolider l’arsenal judiciaire pour lutter contre la violence faites aux femmes. Le politique ne semble toujours pas avoir pris conscience de ce fléau. Il est temps de s’affranchir des tabous qui guident les choix législatifs dans ce domaine.
- Redonner vie au rayonnement culturel de la France à l’étranger. Ces dernières années ont vu la droite sacrifier cet outil majeur et domaine d’excellence de la France. Il est temps de redonner une vision politique et stratégique à notre politique culturelle dans le monde.
- Renforcer le réseau français à l’étranger. Alors que les français de l’étranger sont considérés comme la dernière roue du carrosse par le gouvernement actuel, il s’agit de renforcer tant le soutien au tissu économique que les services consulaires.

Le site Internet de campagne de Nicole Castioni :
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Les réponses des autres candidats de la circonscription Suisse sont disponibles ici :
Vous pouvez retrouver les réponses de Pierre Jean Duvivier dit Sage, candidat indépendant
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Vous pouvez retrouver les réponses de Marie-Françoise D'ANGLEMONT de TASSIGNY, candidate pour le parti radical
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Vous pouvez retrouver les réponses de Madame Schmid, candidate UMP
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Et les réponses de Madame Castioni, candidate PS :
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