Marie-Françoise D'ANGLEMONT de TASSIGNY, candidate pour le parti radical, " les Français ont besoin d’un discours de vérité"



Marie-François d'Anglemont de Tassigny se présente aux élections législatives 2012 en Suisse et a accepté de répondre à nos questions.

1- Pourquoi êtes-vous candidate à la députation ?

2012 sera une année historique. Pour la première fois, nous, Français de l’étranger, élirons nos représentants à l’Assemblée Nationale. Pour la première fois, nous, Français de Suisse et du Liechtenstein, auront un représentant au sein du pouvoir législatif. C’est une opportunité fantastique de participer à un exercice démocratique unique.

Légitimité, responsabilité et engagements, voilà les qualités essentielles et indispensables d’un député. Voilà les qualités que j’exige ! Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Etranger depuis 2006, je suis au fait des besoins, des craintes, mais aussi des espoirs de nos compatriotes au travers de mon expérience d'élue de la République. Centriste de cœur et de conviction, attachée aux valeurs humanistes et sociales, je m’engage chaque jour sur le terrain à la tête d’associations françaises en Suisse. La proximité est, et sera, toujours le credo de mon action politique.

La vie m’a forgée, les épreuves m’ont construite. Aujourd’hui, j’ai l’expérience, les réseaux et les acquis pour prétendre avec conviction et légitimement à la fonction de député.

2 – Quelle image des résidents français en Suisse comptez-vous apporter avec vous à l’Assemblée nationale ?

Simplement la réalité. Que faudrait-il apporter d’autre? Une image vraie, sans les clichés dont souffrent parfois nos compatriotes qui résident en Suisse. Commerçants, salariés, employés, étudiants, médecins, retraités… Les Français de Suisse sont des Français comme les autres. Ils ont simplement fait le choix de vivre en Suisse pour raisons familiales, pour travailler et s’investir dans la vie locale. Et non pour s’exiler, comme s’ils avaient été bannis ou avaient quelque chose à cacher!

Elue, je m’emploierai à montrer « la richesse et le capital savoir-faire » de ces dizaines de milliers de Français habitant la Suisse. Ils sont le rayonnement de notre pays. Ils sont l’image, la culture et la valeur ajoutée de notre République hors des frontières nationales. Ils influencent et facilitent les échanges commerciaux extérieurs. Ils sont notre meilleur atout !

3- Quelle(s) leçon(s) de la démocratie helvétique pourriez-vous tirer pour la politique française du futur ?

Vouloir donner des leçons serait bien présomptueux de notre part. Chaque pays a construit son histoire sur des fondations culturelles et institutionnelles qui lui sont propres. La France a une tradition politique bipolaire, la Suisse sa « formule magique ».

Nous pouvons pourtant en tirer un enseignement. La perpétuelle lutte entre la droite et la gauche est devenue totalement obsolète dans notre République. Voire dangereuse. La crise nous a plongés dans l’urgence. Aujourd’hui, il faut rassembler, bâtir une union nationale, et non plus diviser pour mieux régner comme certains continuent à le faire.

Sans embellir ou sublimer le système politique helvétique, il serait de bon sens d’encourager enfin le compromis, le consensus et la consultation. Du référendum à l’initiative populaire, ce modèle politique assure une stabilité institutionnelle loin d’être étrangère à la bonne santé économique de la Suisse comme l’ont encore récemment souligné les agences de notation.

4- Quel type de fiscalité ou de relations fiscales entre la Suisse et la France, défendrez-vous ?

Trois mots clés : justice, stabilité et lisibilité.
A l’heure où la fiscalité est devenue une arme politique au lieu d’être un simple outil économique, il est important d’établir des relations fiscales stables, avec une vision transparente à long terme. Ce qui est loin d’être le cas pour l’instant. Une convention pour éviter la double imposition entre la France et la Suisse existe. Elle ne peut sans cesse être remise en question.

La situation est claire : les Français possédant des biens en France sont imposés comme tous les autres citoyens de métropole, sans passe-droit. Par ailleurs, ils ne bénéficient pas tous des mêmes droits en cas de retour en France. La prise en charge des chômeurs ou le traitement du statut des personnes handicapées, par exemple, font partie des nombreux dossiers qui sont quotidiennement au centre de mes préoccupations. Expliquer et défendre les intérêts des Français de Suisse est mon cheval de bataille.

5- Pensez-vous que les résidents français en Suisse devraient payer un impôt en France comme le suggère certains ?

Je suis contre le droit du sang fiscal ! Les Français vivant en Suisse sont imposés dans leur pays de résidence. Ils participent ainsi au financement de la vie nationale et locale. Ils participent au financement des routes, des écoles, des hôpitaux… Quoi de plus normal ? L’inverse est vrai pour les Suisses résidant en France.
Des conventions entre la France et la Suisse empêchent la double imposition. Et ce n’est pas une exception ! La France en a signé plus d’une centaine avec d’autres pays. En remettre en question une seule, c’est remettre en cause toutes les autres.

En tant de crise les plus populistes, de la droite UMP à la gauche socialiste, n’hésitent bien sûr pas à faire des propositions chocs argumentées sur des idées fausses. Cette méconnaissance des dossiers et ces préjugés doivent être combattus avec fermeté. Je m’y engage. Car les dérives peuvent être dangereuses : conditionner, comme certains hommes de pouvoir l’ont laissé entendre, le droit à la nationalité française à la fiscalité est proprement scandaleux. Des sous-entendus dévastateurs auprès des binationaux qui pourraient délaisser à terme leur passeport français. Regardez l’explosion des renonciations à la nationalité américaine chez les binationaux depuis 2009 !

6 – Comment décririez-vous les Français résidents en Suisse et en quoi vous-même ou votre formation êtes-vous les plus à même de les représenter ?

Les Français résidant en Suisse sont des Français comme les autres. Ils sont une représentation multiple et fertile à l’image du tissu social français : tout simplement ! Ils sont très bien intégrés dans leur pays d’accueil, a fortiori les doubles nationaux qui y sont profondément enracinés.

Je suis l’une d’entre eux ! J’ai la chance de porter un nom qui fait sens pour la France. Du fait de ma bi-nationalité (père suisse et mère française), j’ai eu l’occasion de m’engager dans la politique suisse. Députée genevoise de 1995 à 2007, Présidente du Grand Conseil de la République et du Canton de Genève en 2005, j'ai toujours été une élue de terrain proche de la population. Directrice du service de la Petite enfance de la ville de Genève durant plus de vingt ans, j'ai managé, innové et développé une politique familiale au service de la collectivité publique, passant d’un budget de 6 millions à … 85 millions de francs !
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Etranger depuis 2006, au service de mes concitoyens aux seins de nombreuses associations françaises, j'interviens aussi régulièrement comme juge assesseur au tribunal d’indemnisation d’aide aux victimes, et comme Présidente de la Fondation Phénix contre les addictions.

On ne se parachute pas représentante des Français de Suisse et du Liechtenstein du jour au lendemain. C’est toute une expérience de vie. Celle de ma vie.

7- Beaucoup de binationaux Français-Suisses vont voter aux prochaines élections, quel message particulier leur adressez-vous ?

Chaque circonscription de l'étranger a sa spécificité. Pour celle de Suisse, c'est à coup sûr la proportion très élevée de binationaux. Nous sommes proches des 60%. Pour cette première élection législative, exercice démocratique unique, il va falloir leur démontrer l'intérêt "d'habiter" pleinement leur deuxième nationalité.

Même si les binationaux avouent souvent une curiosité très vive pour la politique française, ils ne voient pas de prime abord quel intérêt personnel ils ont d'y participer. Pourtant les enjeux à long terme d’une telle élection les concernent aussi : bourses d'études, reconnaissance des diplômes, retour en France ou patrimoine familial (résidence secondaire). Par ailleurs, ils rencontrent ponctuellement quelques problèmes qui leur sont spécifiques.

Voisins géographiques, amis politiques, partenaires économiques, la France et la Suisse ont des destins liés. A nous de l’expliquer aux binationaux pour qu’ils ne voient plus ces élections en simples spectateurs, mais qu’ils y participent pleinement en tant que vrais acteurs.

8- De quel(s) parti(s) politique(s) ou personnalité politique suisse vous sentez-vous le plus proche et pourquoi ?stro
Mon appartenance et ma famille politique sont centristes. J’ai milité et été un membre actif du parti libéral-radical genevois depuis plusieurs années. Ma vision et mes engagements sont fondés sur des valeurs humanistes. Je partage également les idées du parti démocrate chrétien qui représente bien cette idée de l’entraide « à la Suisse ». Toute ma carrière et mon identité se sont forgées sur le rassemblement.

Que voudriez-vous ajouter ? (question libre)

En tant de crise, les Français ont besoin d’un discours de vérité. Ils ont voté pour la droite, puis pour la gauche, puis à nouveau pour la droite. Pour quel résultat ? Des promesses en l’air (« travailler plus pour gagner plus »), des réformes avortées (la dépendance), des propositions « rustines » (taxe sur les transactions financières et TVA sociale)… Votre futur député vous doit la vérité. Non, onze députés de l’étranger ne referont pas le monde mais contribueront, entre autres, aux quotidiens des Français de l’étranger.

Dès lors, le sens de ma candidature est clair. Aux côtés de mon suppléant Marcel Paquier, également très impliqué dans la vie associative française en Suisse, nous souhaitons exercer un mandat législatif de proximité : à votre service, à votre écoute ! Voilà l’axe et le fondement de notre projet commun, pour faire de la politique autrement. Et les dossiers sont nombreux :

- La famille sera mon premier engagement. Mère de quatre enfants, la famille a toujours été ma priorité. Elue, je resterai fidèle à mes engagements politiques en mettant toute mon énergie et ma détermination pour résoudre les problèmes quotidiens de nos concitoyens: la scolarisation et les bourses, la prise en charge des frais de scolarité, l’enseignement et la reconnaissance des diplômes, l’aide aux familles monoparentales, l’aide aux plus démunis (il y en a aussi en Suisse !), la justice et l’égalité de traitement pour les personnes handicapées expatriées. Mes batailles sont nombreuses.

- Les problèmes transfrontaliers nous concernent au premier plan. Près des deux tiers des électeurs habitent dans l’arc lémanique. Français et Suisses doivent penser de pair, agir ensemble ! Transports, logements, emploi, santé… Il faut arrêter cette politique de l’immédiat et avoir une vraie vision à long terme avec nos partenaires. Je m’emploie chaque jour à être une passerelle active avec l’Autorité suisse, aux niveaux fédéraux, cantonaux et communaux.

- Renforcer le réseau français à l’étranger. Crise budgétaire oblige, les services consulaires sont amputés. La circonscription de la Suisse n’y échappe pas. Je me bats contre ce démantèlement du service public auquel vous avez droit.

- Intensifier le rayonnement culturel de la France. Il y a bien sûr l’enseignement français reconnu dans le monde entier. Depuis ma première intervention auprès de l’AFE, je me bats pour une reconnaissance des instituts privés en Suisse qui prodiguent l’enseignement Français. De nombreux expatriés constituent un atout économique pour la France. Il faut les valoriser, les mettre en avant, les soutenir. Ils sont un fer de lance pour le commerce extérieur de la France.

Son site internet :
http://www.detassigny2012.ch/

Facebook :
http://www.facebook.com/profile.php?id=100001780338278&ref=ts

Twitter :
http://twitter.com/mfdetassigny

Contact :

Rue Roi Vicor Amé 4
CH-1227 CAROUGE Suisse
+4122 732 44 05 (Bureau),
+4179 217 08 28

Les réponses des autres candidats de la circonscription Suisse sont disponibles ici :

Vous pouvez retrouver les réponses de Pierre Jean Duvivier dit Sage, candidat indépendant
http://www.media-business.biz/content/pierre-jean-duvivier-dit-sage-cand...

Vous pouvez retrouver les réponses de Marie-Françoise D'ANGLEMONT de TASSIGNY, candidate pour le parti radical

http://www.media-business.biz/content/marie-fran%C3%A7oise-danglemont-de...

Vous pouvez retrouver les réponses de Madame Schmid, candidate UMP

http://www.media-business.biz/content/claudine-schmid-candidate-legislat...

Et les réponses de Madame Castioni, candidate PS :

http://www.media-business.biz/content/nicole-castioni-candidate-ps-aux-l...

E-SENS : quand l'université passe des paroles aux actes avec 3 diplômes branchés (au réseau)
Cloud computing : une nébuleuse qui séduit les entreprises
Printemps des blogueurs : Marine Le Pen est-t-elle la candidate des anonymous ?
Lundi 2 avril 2012, Débat avec Marine Le Pen sur les enjeux du numérique
Politique et Business des jeux d'argent
L'UMP déclare la guerre aux Français vivant en Suisse
Marie-Françoise D'ANGLEMONT de TASSIGNY, candidate pour le parti radical, " les Français ont besoin d’un discours de vérité"
Pierre Jean Duvivier dit Sage, candidat indépendant aux législatives 2012 en Suisse, "un pays se construit sur la confiance."
Nicole Castioni, candidate PS aux législatives 2012 en Suisse, "je veux casser l'image d'une diaspora fiscale..."
Huffington Post Français : des erreurs et du réalisme.
Claudine SCHMID, candidate UMP aux prochaines législatives en Suisse : 'Il faut penser aux prochaines générations'
9 questions aux candidats de la 6éme circonscription suisse pour les français de l'Etranger
Les Français de Suisse voteront aux prochaines législatives 2012 Françaises mais pour qui ?
Peugeot fait son show entre Kinect et 3D
Beebble préfigure les jeux de social gaming à venir
Les lunettes BIO OPTIK : les geeks peuvent maintenant (mieux) dormir...
Investir dans les stratégies automatiques sur le Forex
Larousse lance 'le jeu du dictionnaire larousse' sur iPAD
Table ronde à Hec Genève sur 'la net génération dans l'entreprise en mutation'
By 2014: Augmented Reality will be on every Smartphone
La presse traditionnelle est déja morte
Les media historiques français sont malades de leurs marques.
Gagnez de l'argent en dormant
Les savoirs du web : 12 professionnels de haut niveau parlent du web
Les Etats-Unis s'apprêtent à interdire la vente et l'achat de métaux précieux pour les particuliers