L'histoire du réseau soviétique et des liaisons Est-Ouest.

Quand on racconte l'histoire de l'internet, on déroule généralement la liste des dates clés occidentales. Comme nous l'avons vu au début de ce chapitre, l'Union Soviétique avait déployé aussi des réseaux informatiques durant toute la guerre froide , réseaux officiels mais aussi officieux.

Même si ces réseaux ne seront pas à l'origine du web mondialisé – et certains perdurent toujours en Russie - , il est intéressant de les citer pour mémoire , en particulier le réseau Relcom/Demos apparu à la fin des années 80 à l'Institut Kurchatov de l'énergie atomique de l'Académie russe des Sciences.

Ce réseau était paradoxalement commercial et facturé au byte aux clients finaux à la fois en upload et en download. Certains prétendent 3que grâce à ce réseau le coup de force contre Gorbatchev en 1991 put être déjoué à temps car, même si les communications officielles étaient contrôlées, Relcom/Demos ne l'était pas et permit donc la mise en place d'une véritable chaîne de désobéissance..

.L'Union Soviétique de l'époque possédait d'ailleurs deux autres réseaux non contrôlés par le pouvoir , réseaux qui communiquaient avec l'étranger : Glasnet et Sovam.

A la fin de l'année 1990 , avant la chute de l'Union Soviétique , au moment où le CERN lançait le World Wide Web, un petit Mac caché dans un bureau du « fonds international pour la survie et le développement de l'humanité » dans le centre de Moscou se connecta pour la premiére fois avec le réseau de l'Association pour les Communications Progressistes (APC) qui avait son siège au Etats-Unis.

Quelques temps après, fut lancé l'Institut pour les Communications Globales (IGC) situé en Californie ; il jetta les bases de Glasnet , un réseau qui permettra un échange d'information rapide, peu cher et commode entre des organisations non gouvernementales de l'est et de l'ouest.

D'autres réseaux, universitaires ceux là, avaient précédé Glasnet dès le début des années 80 (82-83).

En effet , l'institut des problémes des systémes automatisés de Moscou (VNIPAS) était dans les années 80 l'institut le plus ouvert du bloc soviétique avec près de 11 connections internationales. On citera en particulier la liaison SFMT (San Fransisco Moscow Teleport). D'autres instituts soviétiques étaient connectés à l'ouest comme l’Institut pour la Recherche Spatiale (IKI) qui possédait une liaison directe avec l'Agence Spatiale Européenne en France, ce qui lui permettait d'accéder en fait au réseau de la NASA américaine.
Mais la communication n'était pas libre . Les scientifiques russes de l'IKI remettaient les informations à transmettre sur des bandes magnétiques qu'un personnel spécialisé allait effectivement transmettre, non sans être entré dans une salle spéciale où l'accès était règlémenté.

Le développement du réseau fut largement initié par des privés et des universitaires généralement issus de l'institut Kurchatov de l'Energie Atomique (KIAE) et de l'université d'Etat de Moscou.

Notons aussi l'initiative d'un jeune anarchiste américain qui créa dans les années 80 FIDONET qui resta confidentiel à l'ouest mais pénétra de manière sensible le web russe jusque dans les années 96-98, représentant un autre réseau 'privé' à but non commercial accessible dans l'URSS post- soviétique du début des années 90.

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