
S’il y a bien un domaine où les gourous sont légions, c’est internet. De ces gourous qui se vendent généralement comme une nouvelle marque de chaussette bionique nous avons eu plusieurs exemples ces dernières années ; des lemeuriens aux jakobiens... "mondisés" ils ont tous un point commun... ce sont avant tout des champions du marketing plus que des "faiseurs" du réseau ; l’exemple le plus désolant étant venu avec le créateur du terme "web 2.0" qui avait breveté... "web 2.0".
Beaucoup plus âgés que la génération qu’ils veulent suivre - sans faire de jeunisme primaire car j’approche plus de l’âge cathodique que de l’âge numérique - ces blogueurs gourous ont comme seul point commun de ne pas être de la génération internet.
En tout cas de celles qui créent internet, lancent des nouvelles technologies, créent des protocoles ou encore l’utilisent massivement dans leur quotidien.
Ils ont eu de la chance d’avoir vu débarquer des Wordpress "out of box" pour pouvoir simplement poser un pauvre billet sur leur page personnelle... - on appelle ça un blog maintenant, web 2.0 oblige.
Sans cette invention venue d’ailleurs - de ceux qui font techniquement l’internet - ils seraient restés des entrepreneurs ambitieux, des cadres sup en manque de reconnaissance médiatique, ou des profs de facs s’efforçant de publier des recherches que personne ne voulait.
La supercherie a bien pris dans les milieux branchouilles qui ont vu dans ces sourires permanents des porte-étendards d’une génération qui a priori ne les connaît même pas...
Les "skyblogueurs" sont des plus grands spécialistes de la blogosphère que beaucoup de ces phares médiatico-numériques.
Cette génération numérique "instinctive" sent bien plus l’internet... elle déborde, s’active, crée... sans chercher à conceptualiser des réseaux qui par essence ne sont pas compréhensibles dans leur ensemble.
Le réseau s’efface derrière la complexité des individus.
Qui peut prétendre comprendre le monde dans sa complexité ? Qui a cette audace ?
Déconstruire, avancer, reconstruire, douter, tester, se perdre et avancer à tâtons... voici peut-être des composantes de cette ère numérique véritable mouvement brownien permanent et imprévisible.
Qui pouvait prévoir qu’Altavista numéro 1 des moteurs de recherche serait balayé par deux étudiants ambitieux en six mois ? (Google)... qu’un autre étudiant exploitant un script interne au campus d’une université allait projeter en quelques semaines son annuaire php universitaire comme une des plus grandes réussites du net (FaceBook)...
Croyez-vous que les créateurs de ces deux exemples avaient du temps à perdre à pondre leur blog, ajouter une feuille de style et faire bling-bling avec leur webcam acheté à la Fnac du coin ?
Maintenant, prenez l’âge moyen des "gourous de l’internet" et prenez l’âge moyen des créateurs des plus grandes réussites de l’informatique moderne au moment du lancement de leurs applications comme Yahoo, Google, Cisco, Apple, Oracle, Youtube, etc.
Les premiers ont généralement le double de l’âge des seconds.
Les premiers sont de la génération "télé-radio libre" et les seconds, seulement, de la génération internet (du début en tout cas).
Comme quoi commenter et évangéliser n’est généralement pas la voie pour réussir soi-même... compliquer ensuite d’arriver à écouter des discours lénifiants sur le pouvoir du réseau et le sens de l’histoire numérique.
Il ne faut pas alors peut-être chercher à vouloir trouver du sens à cette "histoire "numérique"... incontrôlable et imprévisible.
Le pire dans l’histoire est de voir les anciens "explorateurs" devenir à leur tour des gourous s’enfonçant dans les sables mouvants de l’ésotérisme numérique comme Yahoo essayant de se faire couronner inventeur du web 2.0.
Comme quoi la réussite doit aussi griller quelques neurones...
Et encore pire de pire... regardez-vous ! A force de voir que les gourous sont légions, de confondre son opinion avec une expertise... vous pouvez aussi vous transformer peu à peu en "gourou"... commentant ici et là les sites webs des copains avec des théories sorties tout droit de vos lectures gouroutisées, biaisées et croisées.
Moralité de l’histoire : méfiez-vous des gourous et surtout de celui qui est parfois en vous... et appelez le premier gamin de 10 ans que vous croisez dans la rue pour exorciser le mal qui pointe si vous en voyez un.

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