Plongé depuis maintenant quelques années dans les méandres de l’internet "pro", une sensation de plus en plus forte remonte lentement de mon inconscient... Faisons-nous parfois un métier de voleur ? Oh bien sûr, certains esprits chagrins nous diraient que tout business est bien bâti sur le différentiel le plus grand possible entre le prix de revient et le prix de vente, mais internet, jeune industrie encore balbutiante, bat quand même tous les records. Commerciaux, techniciens et autres digital marketer, réjouissez-vous : les prix sont parfois aussi virtuels que les services rendus.
Quelques exemples ?
Il m’en vient à la pelle... des noms de domaines qui ne coûtent guère plus que quelques centimes de dollars à ceux qui les vendent à certaines SSII (Société de service en informatique) qui survendent des prestations informatiques de faible qualité à des prix défiants toute intelligence... Je ne parle pas des emballages marketing puant le faux open source, histoire de vendre de la prestation avariée de maintenance ensuite.
Que vous puissiez avoir la même prestation technique dans un rapport de 1 à 10 sur le même marché géographique dans la même technologie et pour les mêmes objectifs démontre une immaturité forte de ce marché et un "trop-plein d’escrocs".
La première bulle "internet" avait déjà éclaté, il y a quelques années... La seconde explosion n’est plus très loin. A force de prendre les clients pour des idiots congénitaux qui se refilent les contrats en héritage, certains apprentis-sorciers du commerce virtuel vont finir par tuer les batteries de poules aux œufs plaqués or.
C’est dans les grandes sociétés dépendant de l’informatique - les télécoms par exemple, mais pas que... - qu’on voit bien cet écosystème du vol en meute.
Qui n’a pas travaillé en SSII et vu autour des tables de discussion de grands comptes la liste des prestataires se refilant du travail surpayé et surestimé ?
Que le premier lance la première souris...
Certaines grandes entreprises ont complètement externalisé les fonctions informatiques à des sociétés tierces qu’elles ne contrôlent pas laissant s’envoler les budgets informatiques & web dans une course sans fin qui n’a comme justification que la ligne comptable sur laquelle est imputé ce type de prestation.
Ce "jusqu’au-boutisme" de l’externalisation a produit un marché de dupe où les prix de services ne sont plus en lien avec ceux réellement rendus.
Qui s’étonne maintenant de payer de 1 000 à 1 500 euros une journée de prestation informatique "web" ? (Ces prix s’envolant parfois jusqu’à 3 000 euros-4 500 euros de senior consultant et autres sorciers du chéquier magique.)
Personne... pourtant tout le monde est au final perdant dans cette histoire - sauf la SSII entre les 2.
Le développeur web de la SSII, lui, n’est pas plus payé qu’avant : il touchera au mieux 150 euros sur ces 1 000 euros facturé.
L’entreprise "cliente" ne capitalisera aucune connaissance et, pire, en fera profiter tous ses concurrents car ces SSII travaillent aussi pour eux. Au passage, il aura payé deux à trois fois le prix réel de la prestation. En effet, la SSII n’ajoute généralement aucune plus-value par rapport à un travail effectué en dehors de sa structure.
L’idée selon laquelle on peut se séparer d’un prestataire plus facilement qu’un employé est fausse.
Une SSII "intelligente" sera d’autant plus incontournable qu’elle acquerra sur votre outil une connaissance qu’elle se gardera de partager avec vous.
Les clauses de réversibilité sont souvent présentes, mais quid de leurs applications "réelles" et sans "heurts" ?
Pour la majorité des besoins, un retour urgent à la bonne vieille agence d’intérim pour des besoins ponctuels, aux contrats en free-lance et à un noyau d’internalisation semble être la voie d’avenir pour revenir à des coûts maîtrisés dans un domaine qui ne sait plus où se situe vraiment la valeur de quoi.
Evidemment, le recours aux prestataires informatiques restera un incontournable pour nombre d’applications - je pense en particulier à des progiciels complexes -, mais il faut simplement avoir à l’esprit que la relation ne doit pas tomber dans un copinage qui sera forcément préjudiciable à l’entreprise cliente. Un prestataire n’est jamais un partenaire.
De plus, une mise en perspective du coût de développement avec les revenus espérés semble être aussi un début de réponse à cette manie du "bling-bling virtuel" qui ne fait qu’engraisser les renards les plus malins de cette forêt bien ténébreuse qu’est internet aujourd’hui.
"Un prestataire n’est jamais
"Un prestataire n’est jamais un partenaire" : pas d'accord !
vous tombez d'un exces à l'autre
j'ai souris en vous lisant, effectivement il y a des exces mais c'est la meme chose dans tout ecosysteme economique fournisseur/client
il y en a qui arnaquent, et il y en a qui travaillent vraiment ensembles
bienvenue dans le monde réel du bizness ! ^^
David