Retour sur l’épopée Minitel : un modèle économique archaïque au service d’une bonne idée. La France de Giscard d’Estaing lança en 1978 le plan télématique. L’idée s’appuya sur le rapport Nora/Minc sur l’informatisation de la société.
Ce rapport avançait l’idée d’une dépendance croissante de la France vis-à-vis des entreprises américaines, en particulier IBM (Microsoft n’était pas encore l’épouvantail qu’on connaît maintenant).
Le plan télématique avait donc aussi pour but de renforcer la position de la France sur le marché international en encourageant de nouveaux systèmes de télécommunications tels que le videotex, le télécopieur et en créant un nouveau réseau de télédistribution.
En 1983, à la suite de certaines idées visionnaires du rapport Nora/Minc et du plan télématique, après de longs mois de recherches et d’expérimentations et une fois le réseau videotex Télétel mis au point, la France pouvait enfin commencer à commercialiser le « Minitel 1 ».
Ce terminal fut d’abord distribué gratuitement aux abonnés volontaires pour remplacer l’annuaire papier, mais l’idée principale du Minitel était de permettre la
consultation des services télématiques.
Le minitel avait un inconvénient majeur par rapport à internet : sa parfaite dépendance avec le terminal minitel, même si la possibilité de raccorder le minitel à un ordinateur a toujours existé.
L’ordinateur chargeait en local les informations et la consultation se faisait donc sur l’ordinateur...
Le coup du minitel était de 10 à 80 francs (1,5 euro à 15 euros par mois) en plus de l’abonnement téléphonique auquel se rajoutait le prix de la communication à la minute qui dépendait du type de serveurs joints (il existait des numéros 3605, ...3614, 3615, 3616, 3617 jusqu’à 3623).
Plus vous montiez dans les numéros et plus c’était cher : du gratuit (3605) à 1,5 euro la minute (3623) pour une vitesse de 4 Ko à la minute (oui à la minute).
Le trafic dépassant les 4 Ko/min était facturé au tarif de 0,052 francs par Ko.
Inutile de dire que personne ne faisait des excès de vitesse au-dessus des 4 Ko/minute (le RTC sur internet proposait alors couramment du 4 Ko/seconde soit 60 fois plus rapide).
Le minitel ne servait à rien d’autre qu’à faire du minitel, contrairement à l’ordinateur dont la vocation première était autre.
De plus, le minitel était uniquement basé sur une utilisation commerciale des services puisque vous deviez payer le serveur que vous joigniez... alors qu’internet a toujours eu à la base une vocation à ne pas faire payer l’information, mais plutôt les services autour.
A priori, internet se basait sur la gratuité d’accès aux informations alors que le Minitel faisait le pari inverse.
Le nombre de terminaux installés a continué de progresser jusqu’à 6,5 millions d’unités en 1994 puis a ensuite amorcé son lent déclin.


Derniers commentaires
5 days 20 hours ago
1 week 2 days ago
4 weeks 3 days ago
4 weeks 5 days ago
5 weeks 6 days ago
6 weeks 5 days ago
9 weeks 2 days ago
12 weeks 1 day ago
13 weeks 3 days ago
14 weeks 1 day ago