Pour la première fois les français de l'Etranger peuvent élire en 2012 leurs députés. M&B pose 9 questions aux candidats à ces élections. Claudine Schmid, candidate UMP, est la première à avoir répondu à notre questionnaire. Retrouvez ses réponses à nos questions.
Question 1 : Pourquoi êtes vous candidat à la députation ?
Comme il s’y était engagé en 2007, le Président Nicolas Sarkozy a voulu donner une représentation complète aux Français établis hors de France au parlement. Jusqu’à présent ils n’étaient représentés qu’au Sénat. Pour mener à bien cette représentation nationale, il est primordial que les candidats aient un parcours qui permette d’être député.
Mon engagement en faveur de nos compatriotes depuis quatorze ans me donne cette légitimité. Ma candidature en est, en effet, la poursuite naturelle. Présidente d’associations de Français en Suisse et vice-présidente pour le monde, conseillère élue à l’Assemblée des Français de l’Etranger depuis 2000 avec plusieurs fonctions à responsabilité, j’ai l’acquis nécessaire pour les défendre à un niveau national.
Question 2 : Quelle image des résidents français en Suisse comptez vous apporter avec vous à l'assemblée nationale française ?
L’image perçue en France de nos compatriotes établis en Suisse ne correspond pas à réalité.
Nos compatriotes étaient, jusqu’à l’entrée en vigueur des accords bilatéraux, majoritairement issus d’une famille franco-suisse.
L’installation des étrangers était alors très réglementée. La donne s’est maintenant inversée. La « nouvelle génération » de nos compatriotes établis en Suisse est composée essentiellement de Français répondant au marché du travail. Elle est jeune, active, hautement qualifiée, ambitieuse et travailleuse.
L’ensemble de notre communauté, établie depuis plusieurs décennies ou récemment, fait rayonner le savoir-vivre et la culture de notre pays. Elle est un atout pour la France. C’est cette image, image réelle des Français de Suisse, que je martèlerai pour qu’enfin cessent les caricatures qui nous blessent.
Question 3 : Quelle(s) leçon(s) de la démocratie helvétique pourriez vous tirer pour la politique Française du futur ?
Il ne faut pas forcément idéaliser le modèle politique suisse, qui est très particulier et en évolution, mais je vois effectivement certains traits de la vie politique dont nous pourrions nous inspirer.
Le plus important est l’accent mis sur le compromis et la négociation plutôt que sur le conflit, particulièrement dans les relations de travail. Le respect des décisions, des minorités et de l’individu est un avantage considérable pour la Suisse.
Un autre trait essentiel de la vie politique suisse dont la France devrait s’inspirer est la grande stabilité législative, réglementaire et fiscale. L’instabilité nuit aux initiatives et au développement des entreprises. Je lutterai ardemment contre la prolifération et la rétroactivité des lois, sources d’insécurité juridique.
Je souhaite aussi que nos autorités politiques s’inspirent de la culture suisse du référendum pour mettre en place l’initiative citoyenne qui à ce jour n’est que dans les textes.
Question 4 : Quel type de fiscalité ou de relations fiscales entre la Suisse et la France, défendrez-vous ?
Avant d’établir des relations fiscales il est important de bien connaître la fiscalité et surtout l’esprit de la fiscalité de l’autre. Je m’emploierai à faire comprendre que la Suisse n’est pas ce paradis fiscal qui hante les esprits de nos politiciens. D’importantes réformes amorcées dans les années 90 ont progressivement fait accéder la Suisse au rang des places financières les plus transparentes du monde. Elle répond aux critères de l’OCDE. Ce différend aplani, nous pourrons aborder les difficultés de nos compatriotes, telle que l’imposition de leur Ilème pilier lors du retour en France afin de trouver une solution, ou tel que le taux d’impositon des plus-values immobilières deux fois plus élevé car ils résident dans un État non membre de l’UE.
Question 5 : Pensez-vous que les résidents Français en Suisse devraient payer un impôt en France comme le suggère certains ?
L’idée de taxer les Français établis hors de France provient des rangs socialistes et centristes. Pour mémoire, le débat a fait rage lorsque le président centriste de la commission des Finances du Sénat a rejoint la position de son homologue socialiste de l’Assemblée nationale. Le Président de la République a bien précisé que nos compatriotes ne seraient pas imposés. Vous pouvez compter sur moi pour être du même avis et pour m’élever contre toute idée de ce genre.
Question 6 : Comment décririez-vous les Français résidents en Suisse et en quoi vous-même ou votre formation êtes vous les plus à même de les représenter ?
Les Français de Suisse sont très bien intégrés en Suisse. Ils sont essentiellement jeunes, actifs et hautement qualifiés. S’ils ne sont pas binationaux avec des racines suisses, ils sont majoritairement installés ici pour y occuper un emploi.
Je suis la plus à même de les représenter car je défends d’ores et déjà leurs intérêts depuis douze ans à travers divers organismes et connais intimement tous les dossiers qui les concernent, que ce soit la fiscalité, la santé, la scolarité ou les affaires militaires et consulaires. Quant à l’UMP, elle défend des valeurs dans lesquelles nos compatriotes se retrouvent en Suisse, à savoir celles du travail, de la liberté, de la prospérité.
Question 7 : Beaucoup de bi-nationaux Français-Suisses vont voter aux prochaines élections, quel message particulier leur adressez-vous ?
J’aimerais partager votre optimisme. Les chiffres des élections passées montrent la faible participation des binationaux aux scrutins français. En 2007, le taux de participation était de 48% en Suisse alors qu’il était de 85% en France !
Le message ne peut être que de les inciter à voter. C’est de l’avenir de leur pays, leur seconde patrie, qu’il en va. Ils doivent être des acteurs de la réussite de la France. La France et la Suisse sont trop liées pour que la politique du voisin soit sans incidence. En choisissant la politique que la France mènera, ils influeront indirectement sur leur vie en Suisse. Même en se tenant hors de l’Union européenne, la Suisse prend des décisions en fonction de la politique européenne. « Vous avez la chance de pouvoir choisir votre avenir politique en votant en Suisse et en France, ne vous en privez pas. Ne faites pas les choses à moitié ! », tel est mon message.
Question 8 : De quel(s) parti(s) politique(s) ou personnalité politique suisse vous sentez-vous le plus proche et pourquoi ?
Le parti dont la politique se rapproche le plus de celle de l’UMP et de mes idéaux est le Parti libéral radical/ FDP.Die Liberalen/ I Liberali Radicali, principal parti du centre droit en Suisse. C’est un parti de gouvernement qui sait trouver la juste mesure entre le rôle de l’État et la place du marché dans la société. Il cherche des solutions pragmatiques, et non idéologiques, aux défis auxquels la Suisse est confrontée.
Question 9 : Que voudriez-vous ajouter ? (question libre où vous pouvez développer un théme qui n'est pas traité dans le questionnaire).
Je voudrais encourager tous les Français de Suisse à voter cette année, que ce soit pour l’élection présidentielle que pour les législatives. Il est aussi nécessaire qu’ils comprennent l’enjeu de cette première que constitue l’élection des députés des Français de l’étranger.
Leur député sera une pièce maîtresse dans le dispositif de la relation franco-suisse. Non seulement il les défendra, les représentera, mais jouera un rôle politique de premier plan. Il apportera une expertise à l’Assemblée nationale. Il entretiendra des relations avec les dirigeants politiques jusqu’au plus haut sommet de l’État. Une personnalité respectée et déjà engagée aura toute latitude pour mener à bien son mandat.
De plus, notre pays est en crise. Bien que l’UMP n’a, à ce jour, pas encore adopté son projet définitivement, nous sommes confrontés à deux visions de l’avenir.
La gauche semble vouloir résoudre la crise en « répartissant mieux la fiscalité », manière détournée pour exprimer « en augmentant les impôts des classes moyennes » et en refusant d’alléger les charges pesant sur le secteur privé et les entrepreneurs.
L’UMP a le courage de dire qu’il ne peut pas y avoir de prestations financées par l’endettement. Il ne faut pas penser qu’aux prochaines élections, mais aux prochaines générations.
Bien à vous,

Claudine Schmid, candidate UMP aux élections législatives françaises 2012 pour la 6éme circonscription des français de l'étranger.
Vivant à Zürich, Claudine Schmid dispose aussi d’un bureau à Genève.
Vous pouvez la contacter au 079 330 01 93.
Site internet et email :
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Mail :schmid@claudine-schmid.ch
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Les réponses des autres candidats de la circonscription Suisse sont disponibles ici :
Vous pouvez retrouver les réponses de Pierre Jean Duvivier dit Sage, candidat indépendant
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Vous pouvez retrouver les réponses de Marie-Françoise D'ANGLEMONT de TASSIGNY, candidate pour le parti radical
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Vous pouvez retrouver les réponses de Madame Schmid, candidate UMP
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Et les réponses de Madame Castioni, candidate PS :
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